Déclaration : Pour la sauvegarde et le renforcement de l’ENSG

Syndicat CGT OM IGN

Le débat actuel sur le devenir de l’ENSG à partir du dossier du rapprochement du cycle IT de l’IGN avec le cycle d’ingénieurs de l’ESGT soulève les questions suivantes auxquelles nous souhaitons apporter nos réponses.

1) Vocation de l’ENSG

A l’origine, l’ENSG avait pour mission essentielle de former le personnel de l’IGN pour 4 niveaux de formation distincts : cohabitaient alors un cycle IG, un cycle IT, un cycle Géomètres et un cycle DRPI.

A l’époque, le caractère intégré de l’ENSG dans l’IGN permettait d’irriguer la formation initiale de l’expérience directe et concrète de la production. Aussi la DG nous consterne lorsque aujourd’hui elle chante les louanges de l’apprentissage et de l’alternance pour justifier une externalisation du cycle Géomètres.

Il est utile au passage de rappeler que, de tous temps, l’ENSG a accueilli des élèves étrangers, cela a participé de la réputation internationale, sur les plans scientifique et technique, tant de l’ENSG que de l’IGN.

Depuis lors, les besoins en personnel propres à l’IGN ont décru et l’ENSG a du se réorienter vers une activité répondant aux besoins de la collectivité nationale en matière d’information géographique.

Pour la CGT, il est évident qu’il doit exister une école NATIONALE répondant aux besoins collectifs en matière d’Information Géographique. Le fait que le cycle IG ait disparu, absorbé par l’ENPC après la fusion des corps issus de X au MELT, ne constitue pas pour autant une raison de baisser le niveau scientifique et technique de l’enseignement délivré par l’ENSG.

Nous ne voyons aucune raison pour laquelle l’ENSG devrait rabattre sa voilure en terme de volume des promotions d’élèves comme en terme de qualité de l’enseignement délivré.

La crise actuelle est le résultat des dix – quinze dernières années durant lesquelles la transition vers de nouvelles missions n’a pas été beaucoup plus loin que le changement de locaux et l’élargissement (encore modeste) de la taille des promotions. A qui la faute ? Si ce n’est à nos tutelles et à la DG qui ont laissé l’ENSG survivre au fil de l’eau !

La CTI a mis en demeure l’école d’évoluer pour continuer à disposer de l’habilitation à délivrer un diplôme d’ingénieur, notamment en poussant vers une extension des promotions formées. Le rapprochement avec l’ESGT dans les conditions actuelles concrètes ne va pas dans ce sens.

2) Rapports avec d’autres grandes écoles

Dans le sens de l’évolution de la finalité et du fonctionnement de l’ENSG, il est naturel que des rapports de coopération soient entretenus avec d’autres grandes écoles. A ce titre, une mise en réseau de plusieurs grandes écoles est parfaitement acceptable du moment que cela ne se fasse pas au détriment de l’une d’entre elles.

Or, nous avons des raisons de craindre que le rapprochement avec l’ESGT soit un accord « gagnant-perdant » au détriment de l’ENSG. Tout laisse craindre que l’ESGT va pomper un maximum de ressources, pédagogiques et logistiques, de l’IGN sans apporter grand-chose en retour, voir pire entamer un processus de main mise sur le cycle IT.

3) Le devenir des autres cycles

Le futur immédiat des autres cycles de formation (DRPI et géomètres) est conditionné par celui du cycle IT. La DG elle-même a nourri nos inquiétudes en affirmant que l’externalisation du cycle DRPI vers Maximilien Vox et le recours à l’apprentissage pour les géomètres seraient des solutions envisageables à très court terme.

4) Le scénario dont nous ne voulons pas

Ainsi en quelques années, nous risquons de passer d’un enseignement visant tous les niveaux de formation, du technicien de production à l’ingénieur de management ou de recherche, à une liquéfaction de cet enseignement qui ne pourra que déboucher sur un détachement de l’ENSG d’avec l’IGN, et son absorption par une autre entité.

La CGT OM IGN le dit haut et fort : nous refusons un tel avenir.

L’ENSG doit continuer à vivre pour le rayonnement de l’enseignement des sciences regroupées aujourd’hui sous le nom de géomatique. Nous insistons pour que ce terme ne serve à mener une opération frauduleuse de rétrécissement du champ d’enseignement : l’ENSG doit garder un vrai niveau scientifique complet et non pas suivre l’ESGT dans une spécialisation étroite, comme le Topo foncier.

Quand nous disons cela, nous ne cherchons pas à dévaloriser l’ESGT mais simplement, nous rappelons que les deux écoles, ne formant pas aux mêmes métiers, ne délivrent pas un enseignement identique mais seulement voisin.

De toute façon, si la formation initiale et universitaire s’en va, alors la formation continue suivra immédiatement car il ne saurait y avoir l’un sans l’autre !

5) Les conséquences d’une remise en cause de l’ENSG

Elles touchent au recrutement, au statut des recrutements, aux conditions sociales du recrutement (aujourd’hui, les futurs agents de l’IGN sont payés et ne paient pas de frais de scolarité…) et aux activités de l’IGN. Car la grande question est : l’IGN va-t-il rester un producteur de données ou se replier sur un organisme de contrôle ?

Si on abandonne la production, il est fatal que l’on abandonne aussi l’enseignement. Et réciproquement !

Saint-Mandé, le 21 février 2008.

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