Communiqué UGFF-CGT du 9 avril 2008 sur la RGPP

Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires CGT

FAIRE CONVERGER NOS LUTTES

POUR IMPOSER D’AUTRES CHOIX QUE LA RGPP

Depuis son élection, Nicolas SARKOZY tient la Fonction publique dans sa ligne de mire.

Dès la fin de l’été 2007, les choses se sont encore accélérées. En effet, depuis le fameux discours de Nantes, les annonces se multiplient, les projets s’amoncellent et leur mise en œuvre se précipite.

C’est d’ailleurs la concomitance de ces dispositifs qui confère à la politique actuelle un caractère nouveau quasi sans précédent.

A l’évidence, ce qui se joue autour de la Fonction publique est un enjeu majeur de société.

Moins d’Etat, moins de services publics, moins de personnels, une marchandisation plus grande de la société, la non satisfaction des besoins sociaux, voilà ce que d’aucuns préconisent.

Des arguments parfaitement tendancieux :

Pour ses concepteurs, la fameuse Révision Générale des Politiques Publiques serait, d’une part, une obligation incontournable et, d’autre part, un vecteur de progrès pour les citoyens et les personnels.

Toujours d’après les mêmes, la RGPP est rendue indispensable par le niveau de la dette et des déficits publics et, de manière corollaire, par le trop grand poids des dépenses publiques qui handicaperait la croissance.

C’est d’ailleurs ce qui figure en toutes lettres dans le document diffusé le 4 avril à l’issue du 2ème Conseil de modernisation des politiques publiques.

Une seule solution : couper, réduire, amputer !

Et les chiffres d’économies de valser, 7, 10, 14 milliards d’euros….

Nos pourfendeurs des dépenses publiques se gardent pourtant bien d’évoquer certains arguments.

Par exemple, que de 1986 à 1995, alors que la croissance annuelle était en moyenne de 2,2 %, la part des dépenses publiques dans le PIB a augmenté de 3,4 points. De 1995 à 2006, les dépenses publiques régressaient de 1,1 point dans le PIB et la croissance annuelle moyenne était de … 2,2 % ! Autrement dit, diminuer la dépense publique n’a aucun effet positif sur la croissance.

Quant aux améliorations pour tous, on est littéralement dans la provocation.

– Quels progrès les citoyens ont-ils à attendre des suppressions massives d’emplois qui altèreront, tant la qualité du service rendu que les conditions de travail ?

– Quelles avancées les personnels retireront-ils d’une précarité accrue et d’une flexibilité poussée jusqu’à l’extrême ?

– Et quelles garanties d’impartialité et de neutralité demain pour les usagers dès lors que les droits des agents de la Fonction publique auront été gravement fragilisés ?

Ceux qui prétendent cela font pour le moins preuve d’une grande malhonnêteté.

Les véritables buts recherchés :

En fait, derrière l’ensemble de ces arguties, les réelles intentions des partisans de toutes ces mesures ne doivent tromper personne. Leur motivation essentielle est bien de transférer au secteur marchand et à la loi du profit des secteurs entiers de la société qui relèvent aujourd’hui de la solidarité nationale et du financement public et de faire disparaître de la puissance publique purement et simplement nombre de missions considérées comme des freins au libre développement des entreprises.

La mobilisation existe :

Face à cette politique destructrice, de nombreuses luttes existent et se développent.

Dans toutes, la CGT est présente et active.

A l’évidence, il faut encore étendre ces actions, les multiplier dans tous les secteurs de la Fonction publique.

A l’offensive tous azimuts – mais parfaitement cohérente – qui est mise en œuvre doit correspondre une mobilisation de même nature.

Partout, ce mouvement indispensable doit être porteur de revendications alternatives en même temps qu’il combat pied à pied des régressions inacceptables.

Construire la convergence et l’élargissement :

Pour empêcher les mauvais coups, pour obtenir des réformes porteuses de progrès social pour tous, il faut encore aller plus loin.

La Fonction publique est le bien commun de l’ensemble de la population, la construction d’une mobilisation unissant salariés et citoyens est fondamentale.

L’UGFF/CGT y travaille activement et concrètement.

Dans le même temps – et sans que cela s’oppose en rien – l’heure est à la convergence des luttes des personnels.

C’est pourquoi, à partir des mouvements existants et en posant la nécessité de leur extension,

L’UGFF appelle à mettre en débat une journée de grève et de manifestations, dans toute la Fonction publique de l’Etat, dans la semaine du 13 au 16 mai.

=> Pour dire non à la Restriction Générale des Politiques Publiques ;

=> Pour une augmentation générale des salaires ;

=> Pour une Fonction publique répondant toujours mieux aux besoins de toute la population.

L’heure est à nous retrouver ensemble dans l’action !

Montreuil, le 9 avril 2008

Répression dans le 94

CGT-EDUC’ACTION 94 SNES-FSU 94 SUD EDUCATION 94 FCPE 94
Communiqué

Stop à la répression !
Il faut répondre aux revendications !


Alors que la mobilisation des lycéens, des parents et des enseignants prend de l’ampleur et entre dans une nouvelle phase avec l’implication du premier degré, le gouvernement persiste à ne pas vouloir entendre les revendications et multiplie les provocations policières. Les lycéens sont régulièrement chargés par la police qui n’hésite pas à faire usage de flash-balls.

Ainsi, ce mercredi 9 avril au lycée Darius Milhaud, une élève mineure a été hospitalisée après avoir reçu un tir de flash-ball dans le ventre. Depuis lundi, le lycée est le théâtre d’interventions policières répétées. Chaque jour, des élèves mineurs sont placés en garde à vue et mis en examen (pour « coups et blessures », « outrage et rébellion », …) sur la base des seules accusations policières, démenties par des témoignages.

Certains des lycéens arrêtés tentaient même au contraire de calmer la situation. L’un d’entre eux a reçu des coups par les policiers sur le dos et sur la tête alors qu’il était au sol. Ses parents vont d’ailleurs porter plainte. Un autre lycéen a été placé en garde à vue sans que ses parents n’aient été informés. D’autres encore ont été arrêtés à plusieurs centaines de mètres du lycée, devant une école primaire. Tous ces mineurs ont été soumis à un prélèvement d’empreintes génétiques…

Cet acharnement répressif et ces provocations n’ont qu’un but : étouffer l’élan citoyen d’une jeunesse qui s’indigne des conditions d’étude que le gouvernement lui réserve et détourner l’attention des revendications légitimes des parents, lycéens et enseignants :
– restitution des postes supprimés
– abandon des suppressions des BEP au profit de la généralisation des bacs pro 3 ans
– un collectif budgétaire garantissant un service public de qualité
Ces tentatives d’intimidation nous confortent dans notre volonté d’amplifier la mobilisation.

09-04-2008

Pétition en faveur de Rodolphe Juge

jeudi 17 avril 2008 :Défendons Rodolphe, victime de la répression policière

Rassemblement le 17 avril à 9h devant le Palais de Justice de Paris Un préavis de grève est déposé

Le mouvement contre la suppression des postes et toutes les mesures de destruction de l’Education Nationale a pris ces dernières semaines de l’ampleur avec l’arrivée massive des lycéens dans la mobilisation. Lors de la manifestation parisienne du jeudi 3 avril 2008 La police, sans doute dépassée par une mobilisation spontanée des élèves rejoignant la mobilisation unitaire des enseignants, a procédé à des provocations et à des arrestations arbitraires. « Rodolphe Juge, enseignant au Lycée Denis Papin à la Courneuve (93), militant de la CGT-Educ’Action, qui avait encadré la manifestation, a été arrêté par la police avec 5 autres manifestants. Conduits au commissariat de police du VIIe arrondissement, ils ont été placés en garde à vue. La CGT s’élève contre l’arbitraire des forces de l’ordre et la répression anti-syndicale ».

Notre camarade, plusieurs témoignages l’attestent a été arrêté arbitrairement et sans aucune raison. La forte mobilisation du vendredi 4 avril devant le Palais de Justice de Paris a permis sa libération mais il reste accusé de « violences volontaires », l’affaire a été renvoyée au jeudi 17 avril. Nous vous appelons à un rassemblement et au dépôt des pétitions devant le Palais de justice de Paris La répression contre les lycéens et les personnels ne saurait constituer un mode de gouvernement. La mobilisation de la jeunesse sur son avenir mérite qu’on réponde sur le fond, sur les revendications.

source : http://cgteduc.creteil.free.fr/uasen/spip.php?article1248