Pourquoi faut-il répondre à la presse-caniveau ?

Pourquoi faut-il répondre à la presse-caniveau ?

Réponse : parce que les ragots servent à préparer les mauvais coups.

L’article paru dans Capital d’octobre 2009, intitulé « Les cartes IGN perdent le nord » remplit une fonction bien précise : celle de faire croire à ceux qui ne connaissent pas l’IGN que ce dernier est une pétaudière en phase de déclin technologique, où l’on fait n’importe quoi.

Contrairement à ce que rapporte cet article, l’IGN s’est tourné vers le numérique depuis bien longtemps, depuis le début des années 90’. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que les termes « base de données » ou « données numériques » n’y sont pas employés. Alors que l’IGN est devenu depuis plus de quinze ans un établissement producteur de données numériques, dont les cartes papier ne sont qu’un support de diffusion parmi d’autres, la journaliste fait comme si la carte papier était encore le principal produit de l’IGN.

Une des contre-vérités de cette journaliste est donnée par la description du Géoportail. Il n’est pas fait mention que ce portail n’est pas la propriété de l’IGN. Celui-ci n’assure que la maitrise d’œuvre, en coopération avec le BRGM, et avec la participation de onze autres organismes publics. De plus, le Géoportail n’a pas été conçu pour singer GoogleMaps et StreetView. Tous ceux qui veulent savoir, pas ceux qui veulent intoxiquer l’opinion, peuvent accéder à toute information utile et véritable sur le site du Géoportail :  http://www.geoportail.fr/

Ce seul exemple est éclairant de la façon d’occulter la nature des productions de l’IGN (les données géographiques, sous forme numérique) pour induire l’idée d’une activité dépassée par le progrès technologique. Base de données, RGE : connais-pas !

Si la responsabilité du ministère de tutelle est pointée, il n’en reste pas moins que le rédacteur de l’article omet de mettre en lumière la politique qui amène aux problèmes rencontrés par l’établissement. La baisse des effectifs n’est pas évoquée, ni celle de la subvention, ni la vente des biens immobiliers de l’Etat pour le bonheur des spéculateurs immobiliers.

La LOLF, la RGPP, la remise en cause des services publics, tout cela n’existe pas pour notre vulgarisatrice du fameux rapport de la Cour des Comptes. Ces causes sont autrement plus sérieuses que les aléas des nominations des directeurs. Pourquoi ne pas dire que c’est du fait de la réorganisation du ministère avec la constitution du super-Mammouth dénommé MEEDDM que bien des choses n’avance pas depuis trois ans : quelles missions pour l’IGN ? Quel contrat d’objectifs et de moyens ?

Donner l’image d’un organisme en retard, aux produits obsolètes, aux tentatives d’évolution rendues caduques, aux méthodes de gestion catastrophiques, au personnel trop payé : cela sert un objectif, celui de « réformer l’IGN », c’est à dire de purger l’établissement de son personnel, des activités que certains patrons du privé voudraient bien mettre dans leurs poches, de son patrimoine immobilier ou autre.

La journaliste d’investigation qui a passé de nombreuses heures à monter son dossier laisse dans l’ombre les activités de l’IGN pour le Ministère de la Défense alors que ce dernier est en train de finaliser les nouvelles relations qu’il veut entretenir avec l’IGN. Oui mais pour cela, il aurait fallu changer l’image veillotte que l’on souhaite donner de l’établissement.

Il faudrait réfuter cet article bien plus longuement mais pour l’heure, il suffit de savoir que cette parution est un signal, celui donné par ceux qui souhaitent infliger une purge aux effectifs et aux moyens de l’IGN.

Nous sommes surpris, voir intrigués, que notre Directeur général ne souhaite pas infirmer les propos « qu’il aurait tenus » à cette journaliste :

  • sur la fiabilité d’Evadeo et le manque de qualification de nos collègues,
  • sur la présentation de l’affaire Navteq,
  • sur le descriptif  des activités à Villefranche,
  • sur le dépérissement organisé du site de La Boétie depuis au moins 5 ans,
  • sur la lettre de mission, décrite comme un gros chantier (« réduire la masse salariale »),
  • sur son calvaire quotidien, sous la contrainte constante des organisations syndicales…

Le syndicat CGT OM IGN appelle tous les agents à se préparer à faire face, à riposter énergiquement contre les mauvais coups que certains fourbissent.

Les missions, les moyens, les emplois de l’établissement ne sont pas du luxe. Ils constituent l’ossature du service public de l’information géographique. Mesdames et messieurs les privatisateurs, les mandataires de l’intérêt privé contre l’intérêt général, sachez que le personnel et ses organisations syndicales ne se laisseront pas faire. A bon entendeur …

Saint-Mandé, le 5 octobre 2009

2 réflexions sur “Pourquoi faut-il répondre à la presse-caniveau ?

  1. « quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu’il a la rage »
    Merci IGN au regard de toutes ces cartes minables que j’ai parcouru dans les autres pays du Monde. Quand je prends une IGN 1/25000 je sais ou je suis à quelques mètres prés. Quand je prends mon GPS Garmin j’ai le sentiment de m’être fait rouler.

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