Déclaration sur la fusion IGN/IFN

Deux établissements aux missions très différentes, une fusion motivée par la recherche des économies budgétaires et la réduction des effectifs au détriment des missions

S’il est certain que le produit fini fourni par l’IFN est sous forme cartographique, c’est là le seul point commun entre nos missions. L’IGN a pour missions principales d’assurer la production, l’entretien et la diffusion de l’information géographique de référence en France ; l’IFN est chargé de l’inventaire permanent des ressources forestières nationales. A part le fait que tous deux sont des établissements publics à caractère administratif, rien ne les rapproche. Les ministères de tutelle ne sont pas les mêmes, le ministère de l’Agriculture pour l’IFN, le ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement pour l’IGN.

Cette fusion n’est que le résultat de l’application de la RGPP qui, avec inconséquence, ne voit que par la logique de rentabilité et d’économies sans connaître réellement les missions des opérateurs et les besoins de services publics.

Pouvons-nous fermer les yeux sur les conséquences de cette fusion et nous réjouir de cette fusion/absorption de l’IFN par l’IGN, comme certains dans l’établissement seraient tentés de le faire ? Cela ne serait que se voiler la face sur le réel dessein de ce rapprochement forcé.

Que va devenir la mission de l’IFN alors que les personnels qualifiés sont poussés au départ par les déménagements de service ?

L’IFN a développé en termes d’inventaire quantitatif et qualitatif du patrimoine forestier français des compétences reconnues de tous. Les opérations d’inventaire sur l’ensemble du territoire se font à partir de photographies aériennes ou de la BD Ortho de l’IGN ainsi que d’observations et de mesures sur le terrain. Évidemment, les agents de l’IGN sauraient faire de la photo ID, nous direz-vous. Mais l’inventaire consiste à définir quel type d’essence de bois se trouve dans telle forêt et en quelle quantité. Ce qui est beaucoup plus complexe !

Les décideurs de la fusion jouent cyniquement sur les effets des délocalisations et déménagements en comptant voir le maximum d’agents chercher d’autres solutions que de subir une délocalisation forcée. Ceci conduira inévitablement à une perte de compétences. Deux établissements aux missions très différentes, une fusion motivée par la recherche des économies budgétaires et la réduction des effectifs au détriment des missions.

Une part des compétences des agents de l’IFN dans ce domaine est orientée vers le développement informatique….

Mais il y a le risque que nombre de ces agents ne suivent le mouvement vers St-Mandé et préfèrent rester en province plutôt que de subir les joies du logement et des transports en Ile de France, d’autant que l’administration n’a rien à proposer en matière de logement social. Ces départs seraient d’autant plus néfastes que l’IGN a besoin de ce genre de qualifications. Si cette activité de développement tombe à l’eau, c’est une partie des recettes complémentaires de l’IFN qui ne viendront pas dans les caisses du futur établissement unifié. Mais de cela, les décideurs de la RGPP n’en ont cure car leur religion est celle de dérouler le tapis rouge pour les opérateurs privés et de restreindre les établissements publics à un rôle de contrôle.

Cartos IGN / Cartos IFN : qui va payer le prix de la fusion ?

Les directeurs des deux établissements ont probablement pour espoir de faire faire les mêmes taches par les cartos IFN et les cartos IGN. C’est là un pari technique osé sauf à en espérer un allégement certain comme condition de sa réalisation… A moins que l’idée principale inavouée soit d’externaliser la production à d’autres prestataires et de réduire le rôle du futur établissement à la seule tache d’intégrateur dans le RGE.

Les rapprochements de site en province, au mépris des agents, quelque soit leur établissement d’origine :

Les lettres de mission des préfigurateurs ne disent pas que seuls les agents de l’IFN seraient amenés à déménager. Des implantations IGN peuvent tout aussi bien faire les frais de la fusion. Ainsi à Nantes, à Bordeaux ou à Lyon par exemple….Pour la CGT, la solution est simple : ce n’est pas au personnel des 2 établissements d’avoir à subir les conséquences de la RGPP. Rien ne justifie de fusionner des sites, de déplacer des services hormis la recherche d’économies sur le dos des personnels.

La CGT demande l’abandon de tout projet de délocalisation.

Si au final, déménagement il doit y avoir, l’administration doit payer !

– triplement des indemnités de restructuration

– offres de logement réelles (demande déjà formulée par la CGT à la séance du CA de juillet 2010 au moment de l’annonce de la fusion)

– emplois pour les conjoints

Si l’administration n’est pas capable de faire cela, alors il ne peut y avoir de déménagement possible ! Mobilisons-nous aux côtés des agents de l’IFN, parce que ce qu’il leur arrive nous arrivera aussi !

Il y a fort à parier que la fusion IGN-IFN est un galop d’essai pour une opération de plus grande ampleur, celle d’un rapprochement entre l’IGN et Météo-France. Dans cette hypothèse comme dans le cas présent, les promoteurs de la RGPP ne visent qu’à rationaliser par la baisse des effectifs et des budgets. Les missions de service public : ils s’en fichent car ils ne sont que des mandataires politiques des entreprises privées ! L’opération IFN-IGN va servir à maîtriser le « processus », à son expérimentation avec la mise en commun d’un « petit »(l’IFN) et d’un « gros »(l’IGN). Demain, il suffira de changer les termes et l’IGN deviendra le « petit » de l’histoire face au « gros » Météo-France.

La solution à nos problèmes est d’organiser une riposte commune des personnels des établissements concernés et de mettre en avant les revendications communes évidentes :

Non à la baisse des effectifs ! Non à la casse de nos missions !

Le personnel n’a pas à supporter les conséquences pratiques (déménagements, réorganisations, surpopulation sur un site ou dans des bureaux rétrécis…) des désirs des casseurs du service public.

Pour le syndicat CGT Ouvrier/Maîtrise de l’IGN,  Benjamin Briant