Jour de carence : succès du rassemblement appelé par les syndicats CGT de l’IGN

Refusons l’instauration du jour de carence !

Succès du rassemblement appelé par les syndicats CGT de l’IGN

Informés  ce jeudi de la proposition  du DRH d’une réunion sur les modalités d’application du jour de carence en cas d’arrêt de maladie ce vendredi matin, les syndicats CGT de l’IGN avaient appelé les agents à un rassemblement de protestation contre l’instauration du jour de carence en cas d’arrêt maladie.

Au final, ce sont près de 70 agents qui sont allés en délégation avec les représentants de la CGT pour signifier à la Direction tout le mal qu’ils pensaient de cette mesure.

Certes, il en faudra plus pour venir à bout de cette mesure inique qui n’est que l’un des plats amers basés sur la seule recette que le gouvernement connaisse pour faire face à la crise : l’austérité.

Mais, à chaque fois qu’un mauvais coup est porté aux salariés, la riposte syndicale commence toujours par des premiers pas modestes avant d’atteindre l’ampleur indispensable. Mais le préalable à tout pas en avant, fut-il modeste,  réside dans la volonté syndicale de défendre les revendications et la condition des salariés quel que soit la prétention à la légitimité (économique ou politique ou institutionnelle) des décideurs.

Les représentants CGT ont rappelé à la Direction :

– que cette mesure constitue une atteinte supplémentaire au pouvoir d’achat des agents publics, venant s’ajouter au blocage des salaires pratiqués depuis des années (pour les fonctionnaires) ou depuis octobre 2010 (pour les ouvriers d’Etat) ;

– qu’elle ne réglerait en rien les problèmes de financement de la protection sociale ;

– qu’elle portait atteinte à la santé des salariés, individuellement comme collectivement, et ne ferait qu’aller dans le sens de la dégradation de la santé ;

– que l’insistance mise à empêcher toute mesure des employeurs publics à compenser ce jour de carence, à l’image de ce qui se pratique en général dans le privé là où existe le minimum de protection complémentaire, était ignoble ;

– que cette mesure était dangereuse car elle ignorait le cas des maladies contagieuses pour lesquelles le premier remède valable pour la collectivité passe par l’arrêt de travail des personnes touchées ;

– que cette mesure ne protégeait pas les femmes enceintes, dans la période précédant le congé maternité, en cas d’épidémie comme en cas de situation de travail pénible ou insalubre ;

– qu’elle venait s’ajouter aux dispositions prises en 2011 pour réduire les droits à ARTT à partir d’un certain nombre de jours de congés maladie (14 jours) (1).

En conséquence, la CGT a réclamé l’abrogation de cette mesure et à minima, le report de toute application le plus tard possible, notamment après les élections.

La DRH a répondu qu’elle s’en tenait à l’application des consignes gouvernementales (2) tout en soulignant que cette mesure découlait de l’état  actuel des finances publiques.

Ce à quoi, la délégation CGT a répondu que cet état était le résultat de la politique du gouvernement actuel qui portait la responsabilité de cette crise du fait de sa politique en faveur des capitalistes et des banquiers.

Le droit à la santé des salariés doit passer avant la satisfaction des prétentions des spéculateurs !

La CGT appelle les salariés, en plus de l’action revendicative quotidienne,  à sanctionner par le bulletin de vote cette mesure anti-sociale !

Saint-Mandé, le 16 mars 2012

Notes :

1) On remarquera que le vote de cet article (115) de la loi de finances 2011 est intervenu presque le même jour que celui de l’article 105 de la loi de finances 2012 : le 28 décembre pour l’une, le 29 décembre pour l’autre.

Conséquence : si on vote des lois anti-sociales pendant la période des fêtes de fin d’année, les salariés et leurs syndicats ont entièrement raison de les contester après les fêtes…

2) Pour l’instant, la DRH se débat avec les péripéties de la mise à niveau de son SIRH, fruit d’une externalisation coûteuse et largement contre-productive… En bref, inutile !

Arrivée d’un nouveau DG

L’exercice rituel de présentation du nouveau DG aux syndicats de l’établissement a eu lieu lundi 5 mars.

A chaque nouvelle arrivée d’un DG, beaucoup de gens pensent assez naïvement que la personnalité fait tout, sinon beaucoup. Nous rappellerons, de façon basique, que dans le cadre de la Fonction publique, à des postes de responsabilité tels que celui de directeur de l’IGN, ce qui compte d’abord, c’est l’orientation politique impulsée par le gouvernement.

Aujourd’hui, ce qui donne le ton, c’est la RGPP ! Donc, tant que ce cadre ne sera pas dépassé, tout DG de tout établissement public fera de la RGPP, de façon bien plus consciente et consciencieuse que M. Jourdain ne faisait de la prose !

Et comme notre nouveau DG est fraichement sorti d’un cabinet ministériel pour des raisons hautement politiques (pour mémoire, la liquidation du poste de ministre de l’écologie et du développement durable pour cause de campagne électorale), il aura beau déclaré son attrait pour « l’opérationnel », nous garderons en mémoire que, en dépit de son abord sympathique et affable, le nouveau DG reste un homme de la RGPP.

Plus en détails, le DG a indiqué qu’il avait eu dans sa carrière l’occasion de faire partie « des clients de la cartographie », notamment dans des postes comme la Direction de l’Eau ou de l’EPAMARNE. Cette familiarité déclarée avec la cartographie ne nous aura pas pour autant fait oublier le recours fréquent au terme « client » dans son vocabulaire.  A la CGT, on préfère celui d’usager, et cela n’est pas de la sémantique mais bien une vision politique de la Fonction publique, donc des services qu’elle doit rendre au pays, et de la façon dont elle le fait.

Les représentants de la CGT sont intervenus en insistant sur les points suivants :

1) le changement de modèle économique impulsé par M. Parisé vers la gratuité du RGE rend impératif un subventionnement accru et prolongé de l’établissement. La question budgétaire est primordiale !

2) Les restructurations immobilières, aussi bien sur le site de Saint-Mandé (du fait de la politique d’aide à la spéculation immobilière réalisée sur Paris intra-muros), que sur les sites de province (du fait de la fusion RGPPesque imposée à l’ex-IGN et à l’ex-IFN), ne doivent pas causer de désagréments au personnel. Nous rappelons notre revendication d’arrêt des déménagements comme celui du site de Lattes, et celle de compensation financière intégrale des agents (transports, déménagements, logement, aide aux conjoints…) pour les autres sites.

3) La CGT réaffirme la nécessité de préserver le caractère producteur de l’établissement, ce qui passe à la fois par le maintien de capacité budgétaire favorable à l’investissement, à l’innovation, à la recherche mais aussi aux recrutements et au maintien des effectifs.

4) La CGT a souligné son attention au devenir de la filiale IFI dont le récent plan social est l’indice d’un avenir incertain. La CGT a réaffirmé la nécessité que le personnel d’IFI ne soit pas la variable d’ajustement pour les difficultés rencontrées par la société.

5) Soulignant que l’on vivait la première année de la fusion, la CGT a insisté pour que cela soit pris en compte dans l’élaboration des prochains budgets.

Sur le plan  catégoriel, les représentants de la CGT PTA ont rappelé le dossier de la fusion des corps IT et celui, très délicat et immédiatement concret, des contractuels, notamment les CDD en provenance de l’ex-IFN. La CGT a réclamé le règlement positif et rapide de ces derniers cas au bénéfice des agents concernés. Elle a dénoncé l’effet des exigences du CF sur la vie quotidienne de ces agents précaires, soumis à une incertitude immédiate insupportable. Elle a revendiqué la perspective d’un vrai statut pour cette catégorie de personnel. Les CDD ne doivent pas être la variable d’ajustement de la fusion !

Dans le même registre, la délégation CGT OM a rappelé les coups subis par le corps ouvrier avec des baisses d’effectifs continus depuis plus de 15 ans avec le non-remplacement qui est loin du « 1 (remplacement) sur 2 (départs)» et plus proche du « 1 sur 6 ». Le blocage des salaires depuis janvier 2011 doit cesser. Plus globalement, la diminution des effectifs doit être arrêtée, et les recrutements doivent reprendre. Le dossier des ex-TAD a lui aussi été évoqué.

Nous avons aussi insisté sur le devenir des associations qui assurent les œuvres sociales dans l’IGN (Entraide, AUC, Coopal, AS…). L’installation de Météo-France ne doit pas être le prétexte d’une remise en cause de leur place dans la vie de l’IGN, aussi bien à St-Mandé que plus généralement.

Concernant justement un éventuel rapprochement IGN / MF, le DG nous a, au moins sur ce sujet, rassuré en déclarant qu’une telle perspective « ne faisait pas sens » au vu de la disparité des métiers exercés alors qu’il n’en allait pas de même pour le cas de l’IFN.

Ensuite, le DG a déployé sa vision de l’avenir et de sa mission dans ce contexte. Il a notamment affirmé que l’IGN de devait pas être essentiellement considéré comme un fournisseur de données de base mais devait aussi « lier des partenariats » et « rendre des services ». Tout en rappelant que selon lui, il n’y avait pas d’espoir à attendre du côté des perspectives imposées par la RGPP notamment au plan budgétaire, et que donc, il fallait « savoir concilier des objectifs contradictoires ». Les dits objectifs étant, d’une part, d’appliquer ce que demande la tutelle, et d’autre part, de gérer les intérêts de l’établissement.

En conclusion, le nouveau DG s’est voulu churchillien (je n’ai que de la sueur, du sang et des larmes à vous promettre) sinon thatchérien en nous serinant l’air de TINA (*), en français des années 2010, « pas d’espoir à attendre du coté budgétaire », « ne pas attendre de stabilité et de tranquillité » dans le cadre de COP ou COM, mais plutôt « savoir être créatif et s’adapter ». Le tout étant présenté, tout en rondeur, avec bonhomie.

Notre conclusion : les salariés, les agents de l’IGN et de la Fonction publique, ne peuvent espérer d’amélioration, ou a minima de préservation de l’existant, qu’en créant les conditions sociales et politiques d’un autre cadre économique et social.

[fin ]

La délégation CGT OM IGN était composée de Benjamin Briant, Jean-Marie Couppey, Olivier Delbeke.

Notes :

– TINA : There Is No Alternative, rengaine ultra-libérale consistant à faire croire que le monde ne peut tourner qu’autour d’un axe boursier et spéculatif… au détriment des services publics et des droits des salariés.