Réorganisation de l’IGN et protocole « social »

Syndicat CGT OM IGN

 

Réorganisation de l’IGN et protocole « social » :

 

Quand un patron vous dit que « ça va faire mal », faut-il le suivre ?

Pour nous, non !

 

Depuis la réforme « Parisé » de l’IGN, avec l’introduction de la DCM (Diffusion au Coût Marginal, soit la gratuité du RGE pour les services de l’État et leurs établissements publics dans le cadre de leurs missions de service public), la question de la stabilité budgétaire de l’IGN est posée. La CGT l’avait dit alors face à ce DG. Aujourd’hui, la question est toujours d’actualité !

Parisé avait opéré un éloignement marqué de l’IGN vis à vis des activités commerciales. Il s’était  glorifié d’avoir obtenu une compensation budgétaire pour …deux années ! Mais maintenant, que va-t-on faire dans un contexte d’austérité perpétuelle assumée par des gouvernements ayant fait le choix de la soumission aux exigences de la « dette soi-disant publique » ?

Et alors, Zorro alias Berteaud est arrivé avec son projet pour rentabiliser nos données qui dormaient comme une Belle au Bois Dormant au fond de nos disques durs du Géoportail !

Et vous allez voir ce que vous allez voir : en deux clips et trois mouvements de réorganisation, on va vous produire des API à la chaîne qui, ô miracle, nous rapporteront le pactole !

La réalité est malheureusement tout autre.

L’IGN est, depuis sa fondation, un service public destiné à bâtir et entretenir l’équipement géographique du pays : le cœur de métier de l’IGN a été et reste de produire et de diffuser le référentiel géographique du pays, avec le maximum de données, une richesse thématique, une fiabilité, une fraîcheur des informations, une interopérabilité, favorisant les usages de tous les utilisateurs possibles.

Le projet Berteaud nous fait craindre la sortie du cœur de métier, d’abord le stockage et la diffusion des données puis leur production, hors du périmètre de l’établissement via la sous-traitance. La sous-traitance proposée ne sera pas là pour compléter une production IGN, elle sera là pour s’y substituer !!

 Le travail de préfiguration mené depuis des mois autour du Géoportail est lourd de menaces. Illusoire est le projet de monter une SSII en interne dans la future DSSI, qui bidouillera des API avec comme seule boussole le court terme et le gain facile mais qui n’aura aucune ambition ni (surtout !) moyens de pérennité. Peut-être qu’au début, il y aura quelques succès, mais au regard de ce qui s’avérerait nécessaire pour une telle activité sur le long terme, on ne peut que s’interroger où tout cela va nous mener…

 La mutation forcée d’un maximum de développeurs possibles vers cette unité de développement sera le premier coup porté à la production en déshabillant les équipes produit des services de production (SBV, SBI, SIEL, …). Puis, il y aura d’autres conséquences néfastes en cascade…

 L’IGN a besoin de stabilité  pour assurer ses missions : stabilité budgétaire, effectifs, qualifications et recrutements. Une tornade de réorganisation doublée de la baisse continue des effectifs ne mènera qu’à des échecs industriels, un fiasco commercial et surtout beaucoup de douleurs sociales.

 Le modèle Berteaud, c’est France Telecom et sa mutation de service public en société cotée en Bourse. L’histoire enseigne que cela se fait toujours dans la douleur, sur le dos des salariés et des usagers. Avant, FT vous fournissait la ligne et le poste téléphoniques, maintenant Orange vous vend des tas de modèles de téléphones et accessoirement un abonnement. Il ne faut pas attendre qu’on se retrouve à vendre des téléphones portables sous prétexte qu’ils contiennent des API !!

Pourquoi faudrait-il accepter cette perspective ?

Pour faire passer son projet, le DG sort de son tiroir une proposition de protocole social d’accompagnement du changement. Quand on lui dit que signer un tel accord reviendrait à avaliser sa stratégie, il répond en amendant son texte par la formule  » La signature du présent accord ne vaut pas approbation de ces décisions [du CA principalement] … ». Le seul hic est que la suite de cette phrase s’énonce ainsi « …mais simplement formalise l’accord trouvé entre la direction et les OS signataires sur les conditions de mise en œuvre et d’accompagnement de ces réformes, sur le plan social et technique« .

 Donc, il s’agit bel et bien d’empêcher les syndicats de jouer leur rôle de défense des salariés  en les enchaînant au char de la mise en application inexorable et irrévocable de cette stratégie dont on nous dit d’emblée que les effets seront « délicats », qu’il y aura certainement de la casse humaine.

 Des craintes s’expriment quant au danger de refuser de signer un tel protocole qui stipule que les non signataires seront exclus du comité de suivi. Cela s’appelle tout simplement un chantage dont l’un des buts est d’interdire la discussion des problèmes qui vont inévitablement se poser dans tous les domaines (hygiène et sécurité pour commencer, fonctionnement courant des services, gestion des corps et des agents).

Nous ne signerons pas !

 Le DG veut court-circuiter les instances représentatives normales :

  • le CSHCT en montant parallèlement un groupe projet censé identifier les risques RPS et se donner ainsi une virginité en prétextant avoir rempli ses obligations minimales d’employeur ;
  • le CT en matière de discussion sur l’organisation des services et la CPFP sur le contenu du Plan Formation ;
  • les Commissions Paritaires par corps en déportant les discussions sur les nouveautés statutaires et sur d’éventuelles primes vers un groupe de travail ad hoc.

 

Pour la CGT OM IGN, seule l’action syndicale basée sur la mobilisation des salariés peut permettre de limiter la casse et espérer obtenir des avancées. C’est pourquoi nous revendiquons :

  • la garantie d’une dotation budgétaire permettant la réalisation des missions de service public autour de la production et de la diffusion du RGE ;
  • la reprise des recrutements et la compensation de tous les départs en retraite, notamment via la réouverture d’un cycle DRPI ;
  • la hausse des salaires et l’amélioration des déroulements de carrière et non pas d’hypothétiques primes visant à l’individualisation maximale.

 La CGT OM IGN appelle les agents à se mobiliser, à se syndiquer massivement, à agir tous ensemble, et non pas isolément, contre la détérioration de nos conditions de travail, contre la casse  du service public, pour le maintien de nos missions et par conséquent pour le maintien de nos emplois et de nos statuts.

Saint-Mandé, le 27 septembre 2013.

 

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Bilan du MK2

Bilan du MK2

[Précision pour les non-IGN : le 12 septembre 2013, le DG de l’IGN  avait convoqué le personnel dans la salle du MK2 de Paris-BNF pour lui annoncer ses intentions stratégiques et leurs conséquences pratiques]

D’abord, il faut que les agents de l’IGN se disent que, durant deux heures, ils ont eu en face d’eux un DG qui veut changer douloureusement leurs conditions de vie et de travail en ayant en tête de détruire le règlement du temps de travail adopté en 2002 et les bénéfices de l’horaire variable (Plages fixes, CHA, etc …).

Les agents de l’IGN ont eu devant eux un DG qui veut, à masse salariale constante, faire proliférer les primes et qui joue l’esquive en se retranchant derrière le blocage salarial décidé nationalement.

Il est bon de rappeler que recours intensif aux primes et blocage des rémunérations vont de pair, et constituent les deux faces d’une même médaille, celle de la recherche de la baisse des salaires. Ceci va dans le sens de satisfaire aux exigences du Commissaire européen aux Finances Olli Rehn qui réclame une baisse du coût du travail en France (informations économiques et politiques de ce vendredi 13, jour de chance aux loteries peut-être mais pas pour les salariés …).

Au moins on aura découvert la pierre philosophale du DG : faire travailler plus pour investir moins ! Tout en lâchant des aveux sur le constat du niveau d’investissement nécessaire au regard des enjeux technologiques, non de demain, mais de maintenant (Ah, ce réseau qui ne supporte pas la video-transmission ! Bou ce parc informatique qui aurait bien besoin de mise à niveau …)….

L’essentiel de la présentation du DG ce 12 septembre au MK2 était bâti autour d’un fil conducteur : présenter des horizons mirobolants en occultant soigneusement comment financer cela.

Si M. Parisé, son prédécesseur, celui qui a instauré la DCM (Diffusion au Coût Marginal) du RGE se faisait fort d’avoir obtenu la garantie d’une compensation budgétaire pour deux ans, l’actuel DG évite de parler de comment il va assurer le financement du manque à gagner pour 2013 et au-delà …

Mais à défaut de promesses budgétaires, on est averti : le personnel compensera ces manques en travailler toujours plus. Grâce notamment à un supposé bénéfice de simplification administrative (Tu parles d’une marge !!) dont on peut surtout craindre qu’il se traduise par un gigantesque « n’importe quoi » au détriment des agents …

La méthode passe aussi par une mise au pas de l’encadrement, du sommet vers le bas, avec un accroissement de la charge de travail et une déréglementation des horaires qui, de part en part, sera répercuté au bas de la pyramide, aux agents d’exécution.

C’est l’application du « Fuhrer Prinzip » sur la base duquel d’ailleurs toute la communication délivrée au MK2 était bâtie… Pourquoi dépenser 30.000 euros de réservation de deux heures de salle, si ce n’est pour maîtriser la comm’ avec un balisage du temps qui permet, par exemple, de ne pas donner le micro à notre camarade Jean-Marie Couppey tentant désespérément pendant un quart d’heure d’avoir la parole …

Face à ces menaces très précises ( sur le temps de travail, sur le bouleversement des conditions de travail, sur le stress promis à profusion, sur le blocage des rémunérations affiché, sur le chamboule-tout permanent jusqu’à épuisement) on nous propose généreusement « un protocole social d’accompagnement » ! Ha, suivre pas à pas l’ampleur des dégâts, constater les dommages, voila une perspective réjouissante !

La CGT veillera à ce que les instances représentatives normalement chargées de ces domaines (CHSCT en tout premier lieu, CT, CPFP, CGBS et CAP-CPO) ne soient dessaisies de leurs prérogatives et contournées par une structure permettant de faire passer tout et n’importe quoi.

Seule la mobilisation de l’ensemble du personnel aux côtés des organisations syndicales qui auront un brin de jugeote, permettra de limiter la casse et de préserver nos conditions de vie et de travail et de sauver l’outil service public de la moulinette « à la Google ». C’est la seule voie qui vaille. Les parapluies n’ont jamais protégé durablement de la pluie, les parapluies troués encore moins !

La CGT OM IGN va prendre dans les jours prochains les dispositions qui permettront d’aller dans ce sens.

St-Mandé, le 13 septembre 2013