Entrevue au Ministère (MEEM) du mercredi 25 mai 2016 / Compte-rendu CGT

A la suite de la visite de la ministre Ségolène Royal à l’IGN le 17 mai dernier, le cabinet de la ministre a organisé une séance de rattrapage qui témoigne de l’inquiétude ambiante au ministère. Le conseiller s’est d’ailleurs partagé durant le temps de la réunion entre notre délégation et la cellule de crise «énergie et transports»

Lire la suite : Compte-rendu CGT de l’entrevue au MEEM du 25 mai 2016

Premier bilan de l’action CGT Ouvriers d’État du 26 mai 2016

Pour l’heure nous n’avons pas encore fini la compilation des chiffres quant à la participation des agents de l’IGN à l’action du 26 mai 2016 tant contre la remise en cause des statuts des Ouvriers d’État que contre la Loi Travail. Néanmoins, nous pouvons d’ores et déjà communiquer les éléments suivants :

  • Le compte-rendu de l’audience du 25 mai au Ministère de la Fonction Publique dans le cadre du préavis de grève déposé par le Collectif CGT Ouvriers d’État qui regroupe l’ensemble des structures CGT syndiquant des Ouvriers d’État. A l’évidence, la nécessité de développer plus encore le rapport de force s’impose à la lumière des propos des représentants du Ministère.
  • Le communiqué de bilan du Collectif CGT dressé sur la base de la participation aux 6 rassemblements régionaux organisés par la CGT, avec ici ou là, la participation de FO.

 

 

 

 

Matériel CGT pour l’action du 26 mai 2016 pour la défense du statut des Ouvriers d’Etat

Pour préparer la mobilisation du 26 mai, nous mettons à disposition le matériel suivant élaboré par les organisations CGT regroupées au sein du collectif inter fédéral Ouvriers d’État :

 

Communiqué CGT IGN – 17 mai 2016 : la visite d’une ministre méprisante

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« Si le ridicule ne tue pas, il a néanmoins un nom : Ségolène Royal ! »

1) les faits
En général, quand un ministre vient dans un établissement sous sa tutelle, les choses sont annoncées à l’avance, tout le monde est prévenu, y compris les organisations syndicales.

Mais pour sa venue ce mardi 17 mai, jour d’action nationale contre la Loi Travail, à l’IGN, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal avait fait garder le secret jusqu’au matin.

A 10H, les RG interrogent la CGT sur ses intentions. La CGT annonce qu’elle organise un rassemblement pour accueillir syndicalement la ministre en avançant deux thèmes : le retrait de la Loi Travail et les revendications correspondant aux besoins de l’IGN et de ses personnels.

A 11H00, les personnels prévenus par la CGT se rassemblent devant le lieu d’arrivée supposé de la ministre. Au mieux, nous n’avons pu mobiliser qu’une quarantaine de collègues, chiffre honorable au regard des conditions d’appel tardives.

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Les responsables syndicaux annoncent au préfet, au chef adjoint de cabinet et au conseiller social de la ministre, présents sur place, que le rassemblement se passera sans heurt mais que nous ne nous priverons pas de scander des slogans pour le retrait de la Loi Travail. Aussitôt, le Chef adjoint de cabinet prend la mouche et prévient que ces slogans entraîneraient un refus de recevoir toute délégation. Les responsables CGT répondent qu’il est hors de question de se censurer.

A 11H45, la ministre arrive enfin sur le site de l’IGN mais fait une entrée à la dérobée en empruntant une autre porte. Les manifestants, rassemblés sur le trottoir entonnent les slogans « Retrait, retrait de la Loi Travail ! » et se dirigent vers l’entrée principale de l’IGN pour regagner leurs postes de travail. Et là, surprise : un piquet de RG en civil bloque la porte principale du site, interdisant aux manifestants l’accès à leur propre établissement.

Les seules personnes pouvant rentrer sont alors les responsables syndicaux CGT ayant demandé audience à la ministre. Dans ces conditions, pour le moins ubuesques, les responsables CGT refusent d’aller à l’audience tant que le blocage des portes n’est pas levé.

Un attroupement se forme devant le 73, avenue de Paris, renforcé par la masse des personnes interdites d’entrée sur le site.

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12h15, certains manifestants trouvent un moyen de rentrer sur le site et se rassemblent entre le bâtiment A et le bâtiment B, déployant des banderoles réclamant le retrait de la Loi Travail et appelant à la lutte, jusque dans le hall du A sous le nez du piquet policier.

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Seuls restent dehors, les membres de la délégation CGT et les personnels de l’IGN, de Météo France et du SHOM, sortis à l’occasion de la pause méridienne.

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12H45, départ de la ministre, levée du blocage policier.

2) Notre analyse des faits

a) mépris des salariés et de leurs revendications
Cet épisode ubuesque résulte du seul fait que la CGT et les agents présents ont refusé de se taire et de faire un comité d’accueil sage, muet, soumis. Les oreilles de la ministre ne pouvaient souffrir d’entendre le moindre cri revendicatif.

b) interdiction de circuler et de rentrer dans l’établissement
Aussi loin que notre mémoire remonte, jamais les agents de l’IGN et leurs organisations syndicales n’ont été empêchés de rentrer sur le site. C’est la marque d’un pouvoir aux abois qui considère que les salariés de l’IGN sont un danger même lorsqu’ils s’expriment pacifiquement.

3) Ce que la CGT voulait dire à la ministre

a) Retrait de la loi Travail : d’abord et avant tout, car même dans la Fonction publique les agents comprennent très bien que cette loi aura des conséquences néfastes, d’abord par la remise en cause des 35H et de toutes les règles protectrices en matière de temps de travail.

b) Le modèle économique de l’IGN et le besoin d’un nouveau mode de financement, à l’heure de l’ouverture des données publiques (open data) et d’Internet.
L’État doit donner les moyens à l’IGN de continuer ses missions et de développer ses produits dans le nouveau contexte technologique. Cela passe inévitablement par une hausse de la dotation budgétaire.

c) Les besoins en personnel pour faire face aux missions de service public : les embauches statutaires doivent reprendre, et le niveau de qualification élevé doit être pris en considération.
L’IGN a besoin d’ingénieurs et de techniciens en nombre, les corps statutaires pour accueillir de tels recrutements existent. Il faut embaucher des IT et des ouvriers d’État !

d) La politique immobilière : alors que l’IGN se débat dans des difficultés budgétaires, l’État lui met des bâtons dans les roues en inventant des projets de PPP (Partenariat public-privé) sur la construction de bâtiments sur la parcelle de Saint-Mandé. Par ailleurs, l’État doit à l’IGN 4 millions d’euros au titre des opérations immobilières sur la parcelle de Saint-Mandé et des restructurations de sites en province. L’IGN ne peut supporter cette politique immobilière qui n’est que gabegie, la capacité d’investissement de l’IGN doit être consacrée au développement de ses missions propres (infrastructures nationales des données publiques décrivant le territoire sous de multiples facettes)

Enfin, le conseil d’administration de l’IGN n’est toujours pas entré en fonction depuis avril, date de fin du précédent mandat. Cela tient au fait que la ministre n’a pas nommé le président du CA. Pour l’IGN, cette situation est très inconfortable pour son fonctionnement quotidien, et risque d’être bloquant à très court terme. Il est impératif qu cette situation évolue rapidement.

Saint-Mandé, le 17 mai 2016 à 15H.

 

Voir aussi le compte-rendu de cette visite ministérielle dans le Parisien :

Saint-Mandé : Ségolène Royal évite les manifestants CGT

 

Collectif CGT Ouvriers d’État – Communiqué de presse : appel à l’action le 26 mai 2016

La CGT appelle les ouvriers d’État à une action de grève et de manifestations le 26 mai 2016
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Défendre et reconquérir les missions de service public
Sauver les emplois
Défendre les règles statuaires !

Les ouvriers d’État – Des professions au service de l’État
Le statut des fonctionnaires prévoit que les emplois dans la fonction publique de l’État sont tenus par des fonctionnaires, mais lorsque les missions ne peuvent pas être effectuées par des fonctionnaires, il est fait appel à des non titulaires.
Les Ouvriers d’État ne sont pas des fonctionnaires mais cependant ils occupent des emplois permanents dans la fonction publique de l’État sur des missions et des métiers techniques.
Les ouvriers d’État sont recrutés sur des professions précises et employés dans 6 ministères : principalement au ministère de la Défense, au ministère de l’Écologie (ex Équipement) mais aussi aux ministères des finances, de l’intérieur, de l’agriculture et de l’éducation nationale.

Les ouvriers de l’État ont subi de plein fouet les politiques libérales des gouvernements successifs qui ont conduit à réduire les moyens et les effectifs des ministères.

Les chiffres sont parlants :

  • 1997 : 70 000 Ouvriers d’Etat
  • 2016 : 30 000 Ouvriers d’Etat

Les missions exercées par les Ouvriers d’État ont évolué passant souvent de la production vers des missions supports, missions indispensables à la continuité du service public. En effet comment peut faire fonctionner certains matériels sans entretien continu par des professionnels qualifiés ?

Par exemple, de nombreuses missions du ministère de la Défense sont conditionnées par les missions techniques assurées par les Ouvriers d’État.

Comment peut-on assurer un service public de qualité sans professionnels formés et monopolisables 24 heures sur 24 à l’exemple des Ouvriers des Parcs et Ateliers qui interviennent sur la viabilité hivernale ?

Comment assurer la sécurité dans le domaine aérien sans professionnels formés et compétents !

Faute d’effectifs autorisés, des missions ont été externalisées vers le secteur privé mais l’externalisation dans la majorité des cas ne représente pas des économies pour le contribuable mais une véritable gabegie financière et n’est en aucun cas gage d’efficacité.

Une interdiction de recruter imposée par Matignon et le ministère du Budget

Depuis 2011, une interdiction de recruter a été imposée par Matignon et le Ministère du Budget sous le prétexte que les règles statutaires des Ouvriers d’État doivent être revues et unifiées sous forme d’un nouveau statut interministériel.

Mais ce nouveau statut reste toujours sous le coude du ministère de la fonction publique et en attendant les quelques recrutements accordés (en 2013-2014-2015) au compte goutte par Matignon ne concernent que des missions très spécifiques et n’arrêtent pas l’hémorragie de suppressions des effectifs et des missions.

Concrètement ces dernières années, il n’y a eu qu’1 recrutement d’ouvriers d’État pour 5 départs et en 2016 Matignon considère que les nouveaux recrutements se feront sous un nouveau statut

En pratiquant le statu quo et en continuant à ne plus recruter, l’État met fin aux Ouvriers d’État d’ici 10 ans.

De plus, le projet du ministère de la Fonction publique de créer un nouveau statut interministériel en CDI pour les nouveaux recrutés, plongera les Ouvriers d’État en place dans un corps mort, bloquera les déroulements de carrière et condamnera le régime de retraite des Ouvriers d’État : le Fond Spécial de Pension des Ouvriers des Établissements Industriels de l’État (FSPOEIE).

La CGT s’est adressée à plusieurs reprises au gouvernement et aux ministères respectifs pour demander une table ronde avec tous les interlocuteurs (Ministères, Employeurs, Organisations Syndicales) mais ces demandes sont restées sans réponses.

Devant l’ignorance et la surdité du gouvernement, la CGT a décidé de partir à l’offensive en mobilisant les Ouvriers d’État

Les Ouvriers d’État ne peuvent pas attendre d’être éliminés !

La CGT s’adresse au Gouvernement pour exiger :
• Le maintien et la reconquête des missions historiques dévolues aux Ouvriers d’État,
• Le maintien et la réouverture des écoles de formation.
• Des formations continues pour être en phase avec les nouveaux métiers et les nouvelles technologies.
• Une volonté politique de recruter des Ouvriers d’État
• Des recrutements immédiats en nombre suffisant pour pouvoir exercer les missions de service public efficacement, en toute sécurité pour les agents et les usagers.
• De revenir à un effectif d’ouvriers d’État tel que ce lui à la fin des années 2000 soit environ 70 000 ouvriers d’État
Le 26 mai 2016, la CGT Ouvriers d’État s’adresse aussi aux parlementaires, afin que le sujet des ouvriers d’État soit mis sur la place publique
Les Ouvriers d’État ont leur place dans la fonction publique, c’est un enjeu pour le service public qui ne doit pas être réglé en catimini par le ministère de la Fonction Publique.

Le 26 mai 2016, la CGT s’adresse aux ministères de tutelle pour qu’ils revendiquent des emplois d’ouvriers d’État et refusent tout statut lowcost qui condamnerait à court terme les Ouvriers en place.

Le 26 mai 2016, la CGT s’adresse aux employeurs pour qu’ils exigent des moyens et des effectifs pour assurer les missions en sécurité pour les agents et les usagers

Le 26 mai 2016, 5 rassemblements sont prévus :
• Paris
• Brest
• Bordeaux
• Toulon
• Clermont-Ferrand

Le 12 mai: toujours pour le retrait du projet de loi « Travail » !

Le syndicat CGT OM IGN appelle les agents à participer massivement aux manifestations unitaires appelées ce jeudi 12 mai 2016 pour le retrait du projet de loi « travail » que la ministre Myriam El Khomri s’acharne à présenter, épaulé par un Premier ministre qui envisage dès ce mardi soir de recourir au dispositif du 49-3, c’est à dire à refuser aux parlementaires le droit de discuter et de voter des amendements sur tel ou tel article du projet de loi.

Le plus simple est d’en finir de suite avec ce projet de loi socialement néfaste : le retrait du projet de loi, voila ce qu’attendent des millions de salariés !

Région parisienne :

Manifestation à 14h, Denfert-Rochereau vers l’Assemblée nationale – A l’appel de CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, Fidl, UNL

Communiqué commun du 2 mai :

Loi Travail – Communiqué commun CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL
Le 3 mai, la balle dans le camp des député-es

Expression de l’UD CGT du Val-de-Marne du 4 mai 2016 :

Projet de Loi Travail : interpeller les députés, multiplier les assemblées générales, amplifier la mobilisation

Communiqué confédéral CGT du 10 mai :

Loi Travail et 49-3 : Le gouvernement affiche sa conception de la démocratie !